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Vendredi 16h, votre responsable RH se réveille d’une longue semaine à glander avec un email titré, « nouvel arrivé ». Chaud bouillant, vous cliquez, prêt à lancer Facebook, Insta, Linkedin, Snap. Dans 10 mn vous en saurez plus que sa propre mère sur cette nouvelle. Parce que pour vous aucun doute, c’est une fille, elle est jeune, elle est sexy et célibataire. Vous sentez que vous avez votre chance ! A l’ouverture du mail, vous scannez le blabla à la recherche du nom ou mieux du CV et la votre œil s’arrête sur Kevin Boilleux. Nique, Kévin c’est pas un nom de meuf ça. Et c’est quoi son taf à ce connard ? Growth Hacker ?? WTF c’est pas un poste ca, c’est un Marvel au pire.

« Je m’appelle Kévin, mais les gens me connaissent comme le Growth Hacker… »

Déçu, vous fermez la page Insta en laissant un dernier like à cette Samantha. Vous ne la connaissez pas mais on sait jamais, au pire ça ne coute rien et elle est bonne en plus. Vous repensez à Kévin, un Growth Hacker, c’est quoi ce poste de merde encore. Avant de partir attendre votre bus blindé comme un connard sous la pluie, vous faites un petit check Wikipédia. D’entrée de jeu, vous tombez sur la page en anglais du Growth Hacking… ça tend. Il est ou ce putain de drapeau français.

«  Le growth hacker tente d’optimiser les metrics AARRR »

Une phrase, 3 mots anglais qui cassent les couilles, et un acronyme. Ca sent la grosse branlette. A la limite qu’une école de commerce balance de la merde à base de growth hacking dans une brochure tartinée de conneries pour te taxer 15000 balles pourquoi pas. Mais qu’une boite entre dans une démarche proactive d’attraction des blaireaux peut paraître plus surprenant. En même temps, on lâche bien des tonnes dans des agences de com’ qui en branlent pas une…

Après avoir mené l’enquête plusieurs semaines durant, nous devons avouer que nous avons bien trouvé une utilité au Growth Hacker. Rassurez vous, il n’aura rien à voir avec la performance de l’entreprise. Pour cela il suffit d’avoir un bon produit et d’en parler. S’il vous faut plus d’effort, c’est soit que vous bossez pour une boite de merde soit que vous en vendez.

Pour notre Kévin, la raison de son embauche se situe à bien plus haut niveau. Il semblerait que les patrons rencontre d’autres patrons et qu’ils aiment comparer la taille de leur bite. Alors quand ils ont tous achetés leur dernière Tesla pour se convaincre les uns les autres que la leur est bien grosse, il faut trouver autre chose. C’est à ce moment la qu’ils disent que dans leur boite ils font du Growth Hacking en reprenant les exemples bateaux de Paypal ou Airbnb. Bien entendu, ils n’en ont rien à foutre et de toute façon, ils n’y comprennent rien. C’est un peu comme quand tu branches la Freebox de ton père, c’est de la merde mais à ses yeux t’as l’impression d’être Thomas Pesquet.